17.04.2009

nord-coréenne

J'ai eu la chance mercredi de pouvoir me rendre à Kaesong, une ville nord-coréenne (300 000 habitants) située à quelques kilomètres au nord de la DMZ – en 1945, la ville appartenait encore à la partie sud. Se trouvant près de Panmunjeom, Kaesong a été très partiellement ouverte aux touristes sud-coréens depuis fin 2007 ; ce point faisant partie des accords obtenus lors de la rencontre au sommet entre Kim Jong-Il et Roh Moo-Hyun en octobre 2007.

La visite a commencé par le parc industriel, situé à quelques kilomètres de la ville. C'est une zone économique spéciale, ouverte en 2003 en coopération avec les deux pays, et dans laquelle les entreprises du sud sont invitées à s'installer et à y investir.

C'est un sentiment très étrange que de passer la DMZ en bus, tout simplement, après un bref contrôle de passeport côté sud. Sans embouteillage, Kaesong n'est qu'à une heure de route de Séoul. On laisse son portable à la station de Dorasan, on remonte dans le bus, et zou ! on se retrouve déjà au beau milieu de la campagne nord-coréenne. En comparaison aux vols Air Koryo, on notera le progrès...

Aujourd'hui, 70 entreprises s'y sont installées ( en grande majorité sud-coréennes, plus deux chinoises et une allemande), pour une production variée : montres de luxe, produits de beauté, électronique, slips et soutifs, etc. Elles y emploient 28 500 nord-coréens et 1 000 sud-coréens, ces derniers gardant surtout des fonctions d'encadrement. La main d'œuvre nord-coréenne du parc est 2,5 fois meilleure marché que la main d'œuvre chinoise : le salaire moyen est de 70 dollars par mois. Il est versé aux autorités nord-coréennes, qui le redistribuent aux employés sous forme de monnaie locale et de coupons.

L'avantage pour les entreprises coréennes est évident : la main d'œuvre ne coûte presque rien, est éduquée, productive, et parle la même langue. Suffisamment d'attraits pour accepter les checkpoints et les procédures que l'on devine longues. Les produits fabriqués à Kaesong sont d'ailleurs l'objet de nombreux conflits lors des négociations d'accords de libre échange (ALE), notamment avec les Etats-Unis (pas encore ratifié) et l'Europe (en négociation) : faut-il les inclure dans ces ALE en tant que produits sud-coréens ?

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